Premier pied en terre allemande

par Céline

Y a de la lecture, faut prévenir. A lire quand on a le temps, avec un goûter, un thé, quand on s’embête au taf, avec un chat sur les genoux. Ou alors par petits bouts, comme un [insérer ici un truc bon] trop gros (non, pas Spirou) qu’on laisse dans le réfrigérateur pour revenir le finir plus tard.

[Mercredi 31 septembre, jour J] Nuit moisie dans le train (pas de couchettes, deux personnes en plus de nous dans la « cabine »). On savait pas comment se mettre, réveillés toutes les demies heures. Arrivés à 7h à Hanovre, « hiiiii je pose mon premier pied en terre allemande ! », on se pose dans un café pendant deux heures histoire de faire un peu de nuit supplémentaire et de faire caca. Après on traine toute la journée dans la zone de la gare (qui fait vraiment partie intégrante du centre ville ; en fait la gare est un véritable centre commercial), à installer notre nouveau téléphone portable allemand, à surfer sur internet pour l’auberge, etc. On part finalement à la recherche du U-bahn (métro), avec nos sacs à dos 10 fois trop lourds. On se perd un peu mais on se retrouve. Nous voilà partis en bus en direction de la Judgenheng… ah nan en fait je sais pas encore le dire. Auberge de jeunesse en allemand ! L’auberge est classe, très spacieuse et avec plein de lits pour plein de gens, mais étrangement, on n’est pas le moins du monde dérangés par une masse qu’on imagine grouillante de jeunes allemands. Discrets ces jeunes ! On décide de retourner en ville pour avoir une connexion internet. Finalement une fois posés dans le Burger King (devenu notre seconde maison, puisqu’il nous propose une connexion de 1h pour 2€ et que Thomas aime les burgers de Burger King), on décide de rentrer. Fin de journée, première impression : ça pullule de vélos partout ici, à croire qu’ils compensent les saucisses ! Parce que niveau bouffe, il faut dire que c’est très riche. Le paradis du sucre, du sel et du gras. Ils mangent sans cesse, y a des marchands de bouffaille diverse et variée partout, qui viennent tenter le passant. Mais moi j’ai le ventre en vrac, la saucisse frites pour nous ce sera demain.
Après notre premier dodo en Allemagne (très agréable), on se voit obligé de partir de cette auberge pour en rejoindre une autre : plus de place dans celle dans laquelle nous venons de dormir, pour les prochaines nuits. Du coup rebelote nous voici reparti pour la gare (où l’on peut poser nos sacs à dos de deux tonnes dans des casiers), et rebelote Burger King, pour rechercher des annonces d’appart et appeler. A 15h30, RDV pour un appart assez loin du centre-ville. Bilan : appartement dans une banlieue très (trop) calme, loin de tout, dont la propriétaire est une vieille femme partie en maison de retraite. Un pigeon mort sur le balcon qui baigne dans son sang, une odeur de renfermé, une déco très très vieillotte (je précise, sans charme), dans ma tête ça fait « Non non non NOOOOON » Non, je ne moisirai pas une année qui devrait être formidable, dans ce trou. Du coup c’est bien, on ne peut qu’être surpris par quelque chose de mieux.
Le soir, on rejoint une association « Le carrefour » de français et d’allemands qui sont là pour accueillir les nouveaux français dans le coin. Dans un bar restaurant le Celona, autour de bières (et d’eau gazeuse citronnée, merde j’ai oublié de préciser que je voulais de l’eau plate) et de tapas. Ce qu’on peut dire c’est qu’on a été très chaleureusement accueillis ! Assurés par la présidente de ne pas être à la rue si on ne trouve pas d’appart, on peut continuer nos recherches plus tranquilles.
Deuxième dodo en Allemagne dans une auberge moins tranquille mais au petit dej’ digne du OAKWOOD ARMS Hostel en Irlande (clin d’œil à Lorène) qui nous fera bien rêver jusqu’à demain matin. Aujourd’hui, recherches d’appart à nouveau. Ça va être notre quotidien pendant un moment que nous n’espérons pas long. Ce midi on ira manger dans un restau pô cher conseillé par le routard. Sûrement de la saucisse au menu.

Et en effet, notre quotidien les jours suivants, va consister à rechercher des annonces correspondantes à nos critères de recherche. Des espoirs, des déceptions, pas mal de déceptions. On ne fait pas de tourisme, mais on apprend à connaitre les quartiers. Et puis, un beau jour, l’inattendu arriva. Il nous tomba dessus, sans crier « gare ». L’appartement tant espéré. 64m², un petit balcon, une cuisine, un salon, une chambre (avec deux lits simples rapprochés, ça se fait comme ça, ici). Au rez-de-chaussée.
« Alors on va avoir un chat-euuuh…
- Naaaaan… »
Les photos payaient pas de mine sur le site internet, le loyer était élevé, on y allait sans conviction. Et puis, la surprise. Alors ben maintenant, on attend avec impatience de pouvoir y emménager. Inconvénient : l’école voisine. C’était marqué sur l’annonce, le locataire actuel nous l’a confirmé, les enfants à l’école, ça fait du bruit. Pour faire une parenthèse sur le quartier, c’est marrant parce que la veille, à deux pas de l’appart, on est allé manger le soir une « Currywurst mit pommes und mayo ». ‘suis pas callée dans l’orthographe allemande encore mais en français ça veut dire « Saucisse au curry avec ses pommes frites ». Spécialité du restau bar. Soit dit en passant, on aurait dû prendre un plat pour deux.

Vint la rentrée des classes des apprentis allemands. Tout un petit monde venu d’ailleurs qui s’essaie à parler allemand, c’est quand même rigolo. « Spanish people » – toujours les mêmes ceux-là, ne sont pas les plus à l’aise avec « l’accent » deutsch. « French people », pour bien se faire remarquer dans leur spécialité, arrivent en retard à un tour de la ville (c’était chiant !) prévu dans le programme social* des ERASMUS. Nan mais en vrai, sinon en cours, on est ponctuel, sérieux, assidu, concentré. On dirait qu’on est motivé. C’est quand même formidable n’empêche, tous ces gens qui se rassemblent grâce à la langue. Parce que malgré toutes nos origines différentes, on arrive à communiquer grâce à l’anglais. Alors pour l’instant on est dans la classe des nuls (on le restera jusqu’à la fin d’ailleurs), mais on progresse. Maintenant on lit des machins sur des étiquettes de produits, on reconnait des trucs écrits sur des affiches. Noobz.

*Pendant un mois il est prévu que nous ayons 3 heures de cours par jour. Sinon dans la semaine, dans le cadre de ce stage de langue, sont prévus des « événements sociaux », ayant pour but de nous faire découvrir la ville et les gens à travers des activités ludiques et culturelles (cinéma, yoga) et sportives. Mais ces dernières évidemment ne nous intéressent pas.

Ce qu’il faut préciser, c’est qu’aujourd’hui vendredi 9 septembre 2011, nous vivons depuis quatre jours dans un clapier de 10m², et ce jusqu’à la fin du mois. Logement temporaire avant notre emménagement à List. Au moins, on a un toit, internet et on économise passivement. « Saving money sleeping », comme dirait Bed ‘n Budget (deuxième auberge dans laquelle on a dormi, aux tarifs les moins chers d’Hanovre). Saving money living, même.

Aujourd’hui on est allé au Supermarché Bio. J’ai trouvé ça sympa, Thomas avait très envie de partir. En échange de sa présence, il eut droit à un paquet de nounours gélatineux de chez Haribo. J’avais lu quelque part que les allemands avaient été parmi les premiers promoteurs du marché Bio, qu’aujourd’hui en Allemagne c’était quasi les mêmes prix entre produits Bio et produits non Bio, ben… On peut pas dire que ce soit flagrant ! Fruits tous à plus de 3.50€ le kilo (y compris les pommes). Pour trois prunes et un concombre j’en ai eu pour 20€. Sur ce dernier point j’exagère, mais l’idée est là. Quelques instants plus tard on débarque au NPdiscount, les prix, affichés en bien gros (plus qu’en France) donnent l’impression (vrai ou fausse ?) que les produits ne sont pô chers. Toujours pas de steaks hachés en vue, hormis des trucs congelés qui pourraient y prétendre. On reviendra, on testera.

Ici le temps est moisi ! C’est gris, il bruine et il pleut, et surtout, il fait froid. Zut, ça n’est déjà plus l’été ici ? Je songe aux trucs bien chauds que je vais bientôt être obligée d’acheter dans les magasins… On a croisé plusieurs centres commerciaux, j’ai commencé à repérer les endroits dans lesquels je pourrais potentiellement trouver mon bonheur. Je rêve de doux petits lapins qui viendraient couvrir mes épaules et fourrer mes bottines, hinhinhin… Parmi les magasins connus en France il y a H&M et Esprit. J’aurais bien aimé emmener Thomas, mais il semble qu’il ne soit pas intéressé.